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Comment l’industrie nautique peut-elle passer à un mode d’éco-construction ?

Publié le 23 mai 2012 par seagitalawards

La Fédération des Industries nautiques regroupe l’ensemble des entreprises constituant le monde de la plaisance, tous corps de métier confondus (de l’architecte designer et du bureau d’étude au démolisseur, en passant par la construction, la motorisation, l’équipementier, la vente/location, l’école de navigation…)
En 2010, à la demande de ses membres, la FIN a créé un groupe de travail sur l’éco-conception, composé d’une trentaine d’entreprises (chantier, B.E., architectes, designers, équipementiers, motoristes…) dont une quinzaine fortement impliquées.


De A à Z

Dans ce domaine, rien n’ayant encore été fait, la FIN partait de « zéro ». D’ailleurs la France est la première à travailler sur ce projet, qui a été présenté au Salon Nautique d’Amsterdam récemment, et où les industriels européens se sont montrés très intéressés par les travaux que la FIN peut mener actuellement.

Quels sont ces travaux ?

Durant les deux dernières années, le groupe s’est réuni régulièrement et de nombreuses rencontres ont eu lieu avec l’ADEME, la Région Pays-de-la-Loire, la Direccte et le pôle de compétitivité EMC2. Après plusieurs pistes exploitées sans succès, les réflexions se sont portées sur la nécessité de définir :

  • une méthodologie pertinente pour la réalisation d’Analyses du Cycle de Vie (ACV) des bateaux dans un objectif d’éco-conception et/ou d’affichage environnemental,
  • une base de données de référence pour la réalisation d’ACV (matériaux, process, usage…)


Un projet labellisé

Ce travail a abouti au projet FINECO, labellisé par le pôle EMC2 le 13 décembre 2011, dont l’objectif est de permettre aux architectes, bureaux d’études et chantiers d’analyser les cycles de vie et déterminer le profil environnemental de leurs bateaux, d’orienter les choix de conception pour une meilleure prise en compte de l’environnement, d’être en capacité de valoriser leur démarche auprès de la clientèle.

Le programme FINECO doit pour cela :

  • définir et diffuser une méthodologie pertinente et adaptée pour la réalisation d’Analyses du Cycle de Vie des bateaux dans un objectif d’éco-conception et/ou d’affichage environnemental,
  • générer une base de données basée sur l’état des connaissances actuelles, pouvant servir de référence dans la réalisation d’ACV (matériaux, procédé de fabrication, usage…),
  • déterminer les besoins pour enrichir la BDD et développer des outils pour rendre la démarche opérationnelle auprès des acteurs du nautisme et la diffuser

Il se décompose en 3 étapes successives :
Etape 1
:    Réalisation de 6 analyses de cycle de vie sur 6 bateaux représentatifs du marché actuel de la plaisance en France (à savoir : un semi-rigide, un catamaran habitable, un voilier habitable monocoque croisière, un voilier course –croisière, un bateau moteur habitable, et un voilier avec coque aluminium) et rédaction de la première version du guide méthodologique de l’ACV dans l’industrie nautique.
Etape 2
: Développement d’une base de données spécifique au nautisme (matériaux, process…) mise à jour du guide méthodologique de l’ACV.
Etape 3
: Accompagnement des entreprises dans l’utilisation des outils développés par la FIN, la mise en place et la valorisation de démarches individuelles d’éco-conception.


Aucun projet de l’envergure de FINECO n’est en cours au niveau international.

Les grands axes du projet FINECO ont été présentés le 15 novembre 2011 lors de l’Executive Committee de l’EBI (European Boating Industry). Cette présentation a permis de valider le fait qu’aucun programme comparable n’était en cours ou en projet en Europe. Les fédérations présentes ont montré un vif intérêt vis-à-vis des travaux de la France et souhaitent pouvoir être tenues informées de l’avancement du programme FINECO.
La FIN a accepté de porter ce projet, non pas tant par bonne conscience environnementale, que pour permettre aux entreprises françaises de conserver une longueur d’avance et pour se démarquer de la concurrence étrangère.

Par Guillaume ARNAULD DES LIONS
Secrétaire Général Adjoint de la  Fédération des Industries Nautiques

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