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Comment aider le pilote dans ses prises de décisions pour réaliser les manœuvres en toute sécurité ?

Interopérabilité des systèmes numériques à bord des navires

L’association DSM par Mr.Desvaux :

« Créée en janvier 2012, l’association DSM (Développement Solution Marétique) émane d’une enquête effectuée auprès de navigants dans le cadre du mémoire de 5ème année des étudiants de l’ENSM (Ecole Nationale Supérieure Maritime) du Havre. Cette dernière a permis de mettre en exergue un constat : l’informatique n’est pas toujours bien adaptée au besoin du navigant : elle ne permet pas de répondre et d’assister au mieux l’équipage. En effet, un manque est ressenti chez les navigants. L’informatique est souvent perçue comme un frein plutôt qu’un soutien.

Nous avons donc créé avec plusieurs étudiants cette association afin d’apporter des solutions et d’étudier des programmes plus adaptés, plus ergonomiques et plus simples d’utilisation tout en remplissant les mêmes fonctions. L’objectif est finalement de faciliter la vie aux navigants en priorisant l’information dans le but de garantir la sécurité du navire. »

M.Olier : « Nous sommes attentifs à l’évolution technologique, l’utilisation que l’on en fait et les risques qu’elle comporte.

Les aspects essentiels sur lesquels nous nous devons de travailler sont : la précision, la fiabilité et l’ergonomie. »

M.Colaris : « Au Havre, nous avons fait le choix de s’équiper depuis 7 ans en matériel de positionnement dynamique (type PPU : Unité privée de navigation).

L’intérêt n’est pas de connaître la position du navire au centimètre près mais de connaître ses mouvements et de les détecter à la seconde près.

Notre matériel permet cette précision de vitesse (cm/sec) et par conséquent d’apprécier la qualité de giration du navire pour le contrôler. »

Peut-on anticiper la trajectoire d’un navire ?

M.Colaris : « Le mot anticipation est le maître mot de ce type de système. En effet, il permet au pilote de visualiser instantanément le comportement du navire et d’anticiper largement sa trajectoire (pour les 5 minutes suivantes).

Ce système est utilisé à deux pilotes. Le premier effectue la manœuvre de manière classique, c’est-à-dire avec ses yeux, et le second regarde les informations sur le système informatique. Cela permet au second pilote d’informer le premier dès lors que les informations données par l’outil sortent des critères définis.

Le problème rencontré avec le matériel embarqué se situe au niveau du paramétrage. En effet, une erreur humaine peut être commise lors de cette action. C’est pourquoi, nous ne pouvons utiliser seul ce système. La manœuvre à la vue reste très importante.»

Vers quelle direction devons-nous aller pour que l’efficacité soit encore plus grande ?

M.Aim : « L’importance porte sur la gestion même de l’information. L’humain garde en mémoire six informations. La problématique est donc de sélectionner la bonne information au bon moment afin de pouvoir réagir rapidement.

CMA CGM travaille sur le facteur humain en général, sur la récupération des informations et sur l’anticipation afin de limiter les risques. Nous travaillons en relation avec des armateurs de même niveau (comme Maersk) afin d’avoir une réflexion commune sur ce type de question. »

M.Olier : « Quand on parle de fiabilité et d’ergonomie, c’est véritablement ce sur quoi nous devons travailler. Il est inutile d’avoir un appareil en passerelle avec des informations partout si on ne sait pas où trouver les bonnes et si elles sont correctes. Il est primordial que l’utilisateur sache très rapidement identifier la bonne information.

L’objectif du point de vue ergonomique est de réduire au maximum l’information, selon les besoins de chacun, à celle qui est utile. »

M.Desnoës : « L’humain et la fiabilité sont en effet des facteurs primordiaux. La e-navigation est fondamentale lorsqu’on s’intéresse à la sécurité dans la navigation.

Réglementation, normalisation et développement doivent s’appuyer et être en interaction permanente avec les utilisateurs. »

Rappel : Qu’est-ce que la e-navigation ?

Projet de l’OMI (Organisation Maritime Internationale) ainsi que d’autres organismes associés, la e-navigation a pour objectif de réglementer le volet « sécurité » dans le cadre de la navigatique maritime. Cette dernière va venir en complément de la réglementation existante. L’innovation première qu’apporte la e-navigation n’est pas une avancée technologique mais une avancée en termes d’intégration et d’amélioration de l’interopérabilité.

Les critères importants à prendre en compte sont :

La satisfaction des utilisateurs

L’ergonomie

La fiabilité

La disponibilité

La maintenabilité

M.Cornillou : « Trois jalons doivent être pris en compte :

le problème informatique (fiabilité des informations)

le problème d’obsolescence programmée des produits

le problème humain (la technologie doit être au service de l’humain et non l’inverse. En effet, lors du développement de solutions, il est primordial de s’appuyer sur l’utilisateur afin qu’il n’y ait pas d’erreurs de commises par la suite lors de l’utilisation). »

La dimension numérique est de plus en plus présente dans la navigation et occupe une place certaine dans la sécurité à bord. Toutefois, il est fondamental de laisser l’humain au cœur de cette avancée technologique afin de développer des outils en adéquation avec l’utilisation que l’on en fait pour qu’ils deviennent de véritables soutiens et non des freins.

Zoom sur la feuille de route du Conseil d’Orientation de la Recherche et de l'Innovation pour la Construction et les Activités navales (CORICAN)

Le défi de la sécurité et du confort des hommes à bord

« La prise en compte du facteur humain, notamment pour maîtriser les risques d’accident et limiter leur gravité est actuellement au centre des préoccupations pour l’ensemble des activités industrielles, et notamment pour le domaine maritime (cf travaux de l’OMI et structures associées : AISM...). Là encore, les technologies peuvent apporter certaines réponses, qui peuvent également contribuer à améliorer les performances économiques, quand il s’agit par exemple d’automatiser et simplifier les tâches de conduite du navire

E Navigation - passerelle intelligente

Ergonomie de la vie à bord

Sauvetage ».

6 intervenants :

Christophe COLARIS (Station de pilotage Le Havre Fécamp)

Denis AIM (CMA CGM)

Jean-Charles CORNILLOU (CETMEF)

Pascal OLIER (Station de pilotage Le Havre Fécamp)

Hugues DESVAUX (Ass. Dév. de Solutions Marétique)

Yves DESNOËS (IFN)

   

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