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L’e-navigation relativise la perspective des navires entièrement automatisés

Publié le 26 février 2012 par seagitalawards

Les évolutions techniques, nautiques comme terrestres, doivent rester en lien avec les impératifs de sécurité et de sûreté de la navigation fluviale et maritime

Le CETMEF apporte son expertise technique à la Direction des Affaires Maritimes (DAM) qui, pour la France, participe aux travaux relatifs à l’e-navigation menés sous l’égide de l’OMI. L’e-navigation, qui embrasse à la fois les aspects terrestres et nautiques, est source d’enjeux qui dépassent les simples besoins en matière de communication. Je participe aux sous-comités COMSAR (radiocommunication et recherche et sauvetage) et NAV (sécurité de la navigation maritime), mais il existe un autre sous-comité qui traite également de l’e-navigation, le STW (formation des personnels navigants) à l’OMI. En effet, au-delà des aspects techniques et technologiques d’aide à la navigation et de communication, l’e-navigation va demander des marins de mieux en mieux formés et qui devront faire preuve d’un esprit critique aigu. Contrairement au contrôle aérien, la dimension même de la mer – interface entre l’eau et l’air – impose que le navigant reste seul habilité à juger de la capacité de manœuvre du navire. On doit donc être attentif aux limites des technologies modernes face aux éléments extérieurs comme les tempêtes, l’identification d’obstacles non répertoriés ou encore les risques de panne ou de perturbations des systèmes (satellitaires, par exemple).

L’e-navigation aborde ainsi des problématiques juridiques de responsabilité qui relativisent la perspective de navires entièrement automatisés. Face au risque de voir trop d’information tuer l’information, le CETMEF reste particulièrement vigilant à faire en sorte que la technologie et l’opérationnel soient en cohérence pour que ne soit pas oubliée l’essentiel : la sûreté et la sécurité. Je participe également, comme de nombreux collègues du CETMEF, aux travaux de l’Association internationale de signalisation maritime (AISM), qui a reçu mandat de l’OMI pour élaborer une partie de l’architecture de l’e-navigation. L’AISM est un forum international où les Etats membres et les industriels élaborent des propositions de normes sur la signalisation maritime pure, les aides à la navigation et la surveillance du trafic maritime. Plusieurs comités se réunissent régulièrement et traitent directement de l’e-navigation : le comité « e-nav » bien-sûr, mais également le comité VTS (service de trafic maritime) et le comité ANM (gestion des aides à la navigation). Si le CETMEF représente à nouveau la DAM à l’AISM, il est à noter que les ports français ne sont pas du tout représentés et mériteraient de l’être, pour les grands ports au moins, notamment aux comités VTS et « e-nav ».

Jean-Charles Cornillou, Expert Doctrine Technique, Centre d’Etudes Techniques Maritimes et Fluviales (CETMEF)

Créé en 1999 et rattaché au ministre de l’Équipement à l’époque, maintenant ministère de l’Eclogie du Développement Durable du Logement et des Transports (MEDDLT), le CETMEF est un service technique central à compétence nationale qui réalise 3 métiers techniques :

  • La R&D, menée en propre pour les sciences hydrauliques ou « catalysée » pour les techniques maritimes et fluviales
  • L’ingénierie et la production méthodologique, qui consiste à fournir des avis techniques et des expertises, à diffuser les bonnes pratiques et à organiser des échanges d’expérience sur les projets liés à l’ingénierie portuaire, fluviale ou côtière, la sécurité de la navigation et les télécommunications
  • La direction technique et industrielle, en charge de la maintenance des équipements nécessaires au balisage et à l’éclairage des côtes, aux navires de servitude et aux systèmes techniques des CROSS

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